GIGANT

MANGA : GIGANT

RESUME :

Fils de réalisateur, Rei est lui-même grand fan de cinéma. Mais ce qu’il aime encore plus que le 7e art, ce sont les films porno de Papiko, sa star du X favorite. Quelle claque lorsqu’il apprend qu’elle habite son quartier et quelle ultra-claque quand il tombe sur elle un beau soir, alors qu’il tente de défendre la réputation de la belle à la poitrine légendaire. Une étrange amitié se construit alors entre eux, tandis que le monde autour accumule les bizarreries : un vieux vêtu d’un slip et d’un casque de moto se balade dans Tokyo l’air perdu, tandis que le site internet ETE (ou Enjoy The End = Réjouissez-vous de la Fin ...), destiné à des écoliers, recense les vœux les plus loufoques pour les exaucer s’ils sont plébiscités.

Les choses s’emballent lorsque l’étrange motard se fait écraser et force Papiko, seule témoin du drame, à porter un bracelet futuriste lui permettant de grandir à volonté. Ce dernier, avant de se transformer en peluche, laisse également derrière lui un DVD évoquant un vaisseau invisible en orbite et une mission de protection du monde... Lorsque les vœux réalisés par ETE tournent aux cataclysmes et qu’un ange destructeur titanesque descend sur la ville de Tokyo pour la raser, l’actrice endosse le rôle de sa vie et accourt, gigantesque et mise à nue par sa transformation, pour sauver celui qui est devenu son petit ami, et accessoirement les millions d’habitants de Tokyo. Show time !

 GIGANT
GIGANT © KI OON 2019

CRITIQUE :

Dans cette nouvelle œuvre de Hiroya Oku, père du célèbre Gantz, différents sujets et univers entrent en collision pour nous offrir un mélange pour le moins original.

Gigant repose sur une base de tranche de vie relativement terre à terre et réaliste, où un lycéen rencontre sa star du porno favorite et réussit même à devenir ami avec elle… et plus si affinité ! Si ce pitch promet d’entrée de jeu une grosse dose de Papiko nue sous toutes les coutures, ces 2 premiers tomes font tout de même preuve d’une certaine retenue à ce niveau, preuve que ce n’est pas là le sujet principal que l’auteur veuille aborder. En outre, on peut rapidement identifier un certain parti-pris dans la dénonciation des abus de notre société et des dégâts psychologiques causés par la pornographie, les violences conjugales ou encore les réseaux sociaux.

Mais le fil rouge de l’histoire, qui se met lentement en place au second plan, est bien plus mystérieux et fantastique : le site internet ETE (Enjoy The End !) recense et exauce les vœux les plus farfelus de l’humanité tandis que d’étranges hommes en slip / T-shirt / sac à dos / casque de moto sont vus ici et là, errant et attendant quelque chose… La mort et la transformation en peluche de l’un d’eux nous révèle qu’ils semblent connaître l’avenir et posséder une technologie permettant de grandir à volonté pour lutter contre des envahisseurs géants ! Quel lien y a-t ’il entre ETE, la station orbitale invisible qui gravite autour de la terre et ces envoyés du futur ?

Comme toujours, on ne peut que saluer un style graphique efficace et riche, donnant la belle part aux émotions des protagonistes à travers des visages expressifs et très lisibles, tout autant qu’à la plastique de rêve de l’héroïne (quand même…). On sait d’expérience que Hiroya Oku peut donner une dimension spectaculaire à ses scènes d’action et on ne peut qu’attendre que les chevaux soient lâchés ! On saluera également l’inclusion de photographies au dessin, pour un rendu réaliste et des fonds fouillés, qui contrebalance le manque d’originalité des mises en page, très (trop) classiques. Bon point également pour les nombreux clins d’œil aux autres œuvres de Hiroya Oku, ainsi qu’à la culture SF et POP en général.

Le point négatif principal de ces deux premiers tomes réside dans le personnage de Rei, pourtant protagoniste masculin principal, en qui l’on découvre un garçon plutôt plat et inintéressant, quand il n’est pas carrément pathétique, comme au moment de faire accélérer sa relation avec Papiko… Un personnage plutôt maladroit et donnant lieu à de trop nombreuses longueurs dans l’histoire pour le moment… espérons que ça change.

Pour conclure, la scène finale voyant une actrice porno nue devenue géante pour affronter un ange destructeur, envoyé par une station spatiale invisible selon les votes d’écoliers sur un média social, est à l’image de ces 2 premiers tomes de Gigant : un mélange de réel, de SF, de surprise et d’attendu, ayant pour mérite de lancer Gigant dans l’inconnu, pour le meilleur comme pour le pire. Si Hiroya Oku nous réserve un développement aussi tordu et surprenant que celui de Gantz, alors Gigant a de beaux jours devant lui. A ne pas mettre entre toutes les mains cependant…


  • REDACTEUR
    - ESTEBAN -
  •   HISTOIRE :
      PERSONNAGE :
      MISE EN PAGE :
      GRAPHISME :

  •   MOYENNE :
    3.75
    Note sur 5
  • BD : 16 ans et +
  •   Editeur :
      KI-OON

    Genre :
    FANTASTIQUE
    ACTION
    SUSPENSE
    Type :
    MANGA
    Collection :
    SEINEN
    Album :
    180 pages environs
  • LIENS ASSOCIEES :
    MANGA : LAST HERO INUYASHIKI
     
     
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    CRITIQUE MANGA
    OKU HIROYA